Bienvenue chez les Chimu et Les Moché Mochica, 9 & 10 Mars 2019 – PEROU

Après le Canon del Pato nous sommes arrivés à Trujillo. Nous avons commencé par visiter Huacas de la Luna y del Sol. En réalité un seul des deux temples (huaca) se visite. Le second (Huaca del Sol) est complètement délaissé aux éléments naturels (vent, sable, et parfois la pluie).

Nous avons eu la chance de pouvoir choisir un guide qui parlait français. De mémoire, c’est la première fois depuis le début du voyage !

Huaca de la Luna était un lieu cérémoniel, festif et à la fois religieux, tandis que Huaca del Sol représentait le pouvoir administratif et la politique.

Huaca de la Luna était une structure très complexe au niveau de son architecture. Pour essayer de faire simple le bâtiment était construit sur 5 niveaux, qui représentaient 5 temples, 5 dynasties. A la fin de chaque dynastie, le temple était entièrement complété de pierre d’adobe, puis on construisait dessus le nouveau temple. A chaque dynastie la base au sol de la nouvelle bâtisse était un peu plus large. De façon imagée cela représente une pyramide inversée. Par ailleurs de l’extérieur on pouvait voir la forme d’une pyramide « classique ».

C’est ce procédé (de remplissage en pierre d’adobe) qui a permis une telle conservation des fresques.

Les couleurs essentiellement utilisées pour peindre ces frises étaient le rouge, le jaune, le noir et le blanc. Évidement à l’époque seuls des produits naturels pouvaient donner ces teintes.

Photos Huaca de la Luna

 

Les personnes qui résidaient dans cette région était les Moche Mochica. Ils vivaient principalement de la pêche grâce aux canaux qu’ils ont crée à partir de la rivière Moche mais aussi de l’agriculture. Il y avait également des guerriers. Ce sont les guerriers qui étaient sacrifiés lorsqu’ils perdaient des duels organisés par les prêtres pour faire des offrande aux Dieux.

En définitif, ce site est un projet privé. C’est pourquoi il est actuellement visitable et que l’on peut voir autant de restes authentiques. Ce sont les mécènes et les structures privées qui financent les recherches et l’entretien du lieux. Alors que Huaca del Sol appartient à l’État péruvien. C’est lui seul qui doit en avoir la gestion et pour le moment il n’y a pas de sous. D’ailleurs on ne peut que deviner la structure car elle se trouve encore sous d’énormes tas de sable.

C’est alors que nous allions quitter le site que nous avons fait la rencontre d’Aline et Benoît, de jeunes français qui voyagent dans le sens inverse de nous. Ils ont débarqué aux USA et se rendent à Ushuaia. Nous avons posé notre campement, à 3 camions, sur la plage de Trujillo.

Photos spot plage

Le lendemain, en fin de matinée, ils ont repris leur route direction le Sud, et nous, direction le site de Chan Chan.

La « tribu » vivant à Chan Chan était les Chimu. Pour avoir un repère chronologique : d’abord les Moche Mochica, les Chimu, puis les Incas.

Chan-Chan est un très vaste ensemble de maisons et de temples, étendu sur 14km2. Tout ne peut pas se visiter, tout n’est pas encore découvert, mais on devine plutôt bien certains vestiges, sous des tas de sables.

Le site que nous avons visité était un temple. Il était vraiment différent de celui de de Huaca de la Luna.. Lorsque l’on rentre on arrive sur une énorme place, avec des sortes de gradins sur le côté. Aux murs, de nouveaux des fresques sculptées. Les motifs représentés étaient des écureuils, des poissons, des pélicans, des vagues, des filets de pêche et la Lune.

Photos Chan Chan

On pense que le phénomène appelé « El Nino » était déjà connu par les Chimu car sur une longue fresque des poissons ont été sculptés. A gauche ils se dirigent tous dans un sens et à droite, dans l’autre sens.

Photos El nino

El nino est la rencontre du courant froid de Humboldt qui vient de l’Antarctique et celui, chaud, venant du Nord. Cette simple rencontre accroît la température de l’océan Pacifique d’environ 3°. Ces 3 malheureux degrés ont une conséquence incroyable. L’eau de l’océan, à cette température s’évapore et crée des nuages. Et ces nuages laissent pleuvoir des pluies diluviennes. Ces pluies détruisent tout sur leur passage. D’après notre guide, qui parlait français, ce phénomène se reproduit environ tous les 15 ans. Le dernier en date était en 2017. On l’a échappé belle ! Ah ah ah !

Ces deux sites nous ont vraiment beaucoup plus, et avoir un guide français nous a bien aidé à mieux comprendre ces « civilisations ». La différence notable entre ces deux lieux est que le premier est un lieu de conservation : tout y est resté en l’état tandis que Chan Chan est un lieu restauré. La place principale est quasiment uniquement faite de murs et fresques restaurés. Les toits en tôles ne sont pas positionnés pour protéger les vestiges mais plutôt les rénovations faites dans des matériaux plus friables qu’à ‘époque des Chimus.

Nous nous sommes ensuite rendus au site archéologique Arco Iris. Là, il faut être honnête, c’est la déception. Zero explication. On se trouve devant un grand bâtiment, sans doute un temple. On discerne bien certaines fresques représentant un arc-en-ciel (Arco Iris). Mais si on n’est pas anthropologue il nous est bien difficile de comprendre les bas-reliefs et la structure en elle-même.

Photos Arco Iris

 

Apr-s tout cela, nous avons voulu retourner camper sur la plage, au même endroit. Sauf que, sur le chemin nous nus sommes ensablés. Nous avons appelé au secours auprès des Teissuenos. Manque de chance, eux ce sont ensablés aussi. La différence c’est que nous, nous pouvions ressortir facilement, e, nous tirant par l’avant, alors que eux, étaient coincés par l’avant et par l’arrière en travers du camino. Je ne vous raconte pas la galère. Deux pick up se sont arrêtés pour nous aider. Pas de soucis en 1min l’affaire était pliée; Par contre pour les copains il a fallut que tout le monde remonte ses manches. Et vas-y que je déblaye l’arrière, puis l’avant, on tire, on bouge de 5cm, on re-deblaye, etc etc jusqu’à la nuit tombée. Un sacré bourbier. Heureusement l’un des deux gars au pick up est resté et nous a sérieusement bien aidé. Sans lui, ben…on y serait peut-être encore.

Alors que nous nous apprêtions à fêter notre victoire, un agent de sécurité nous a dit de ne pas rester là. Quelle galère. Où pouvons-nous aller ? Or de question de reprendre le sentier car on a fait des ornières énormes avec nos camions lorsque nous étions bloqués. Les garçons ont trouvé un bout de sable dur un peu plus loin. On s’y installe. On dîne, on s’endort, bien éprouvé par ces dernières heures. Vers 1h30 du mat’ ça cogne à la porte, plusieurs fois. On se dit que c’est encore l’agent de sécurité donc Pierre ouvre. Au final,c’est un jeune qui nous explique que son père l’a mis à la porte, qu’il a nul part où se rendre et qu’il veut dormir dans notre camion. Bien entendu on refuse mais impossible de s’en défaire. Il s’installe derrière la roue arrière du camion pour dormir. Évidement, nous, nous ne parvenons pas à trouver le sommeil avec un loulou sous les roues du camion quasiment. On se dit que c’est une entourloupe, que d’autres gars vont arriver, qu’on va se faire braquer, etc. On nous a tellement dit que le Pérou était dangereux, plein de voleurs et de faux-flics ou de faux-mécanos qu’on voit le mal partout.

A notre réveil, le gars était parti. On en a conclu qu’il devait être un peu emmeché, qu’à la lueur du soleil il a dû se réveiller et reprendre ses esprits puis partir. Si ça se trouve il ne se souvenait même pas nous avoir parlé.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *