Et la terre trembla, 31 Mars – EQUATEUR

Ce jour, à 1h50, nous avions coupé la lumière, prêts à dormir. Nous avions passé une super passé soirée, à Salinas, avec un couple d’argentins et une famille de colombiens. Nous étions tous stationné côte à côte, sur un parking gardé, à 50m de la plage. C’était sans compter sur une violent secousse.

Pablo, notre voisin argentin est sortie en furie, en criant, pensant que des jeunes s’en prenaient à son camion. Nous, nous avons tout ouvert et Pierre est sorti voir. Personne. Rue déserte. On se questionne tous les 4 et puis on se recouche ; A peine les yeux fermés, ça recommence. On regarde à la fenêtre, du côté des voisins. Leur camion a bougé aussi, sauf qu’il n’y a toujours personne dehors. Ca devient inquiétant. Est- ce que c’était des secousses sismiques ? Tout nous laisse penser que oui. On sort, tous les 4. On observe. Les habitants de l’immeuble face auquel nous étions stationné sont sortis. Plus ça allait plus il y avait de monde sur les trottoirs. J’interroge des jeunes sur ce que nous devons faire en cas de séisme et/ou de tsunami. Réponse : on ne sait pas. Je demande si il y a des sirènes, si la municipalité passe dans les rues pour donner des consignes, etc. Ils sont incapables de me répondre. Nous voilà bien avancé. Ah si, la seule information c’est qu’il s’agit bien d’un séisme et que nous sommes sur l’épicentre. Quelle bonne nouvelle ! On attend encore quelques minutes et là de nouveau une grosse secousse. Je m’accroche à Anabel, l’argentine et là on décide en moins d’1sec de partir d’ici. Ça nous semble trop dangereux entre les immeubles et la proximité de la mer. Les argentins réveillentl es colombiens et on part en 2min, en convoi. Au bout de 5min on fait un point. Une dame qui partait à pieds avec ses enfants nous conseille de nous rendre vers les antennes ; On suppose que c’est un point en hauteur.

Su r le trajet nous avons vraiment un drôle de ressenti ; Cela nous semble irréel. Les gens partent à pieds. D’autres sont devant les maisons, à attendre on ne sait trop quoi. Les stations-services font leur beurre. On arrive vers les antennes. Ça nous paraît trop proche de la ville et pas assez en hauteur. On re-fait un point. Il y a un petit village un peu plus long, davantage dans les terres. Vendu ! Un truc de ouf cette route. Une circulation incroyable. Et à c ontre-sens personne SAUF des bus. Les pauvres. On suppose qu’ils ont été missionnés d’aller chercher des gens à Salinas. Job ingrat : se rendre sur le front alors que tout le monde fuit.

Au moment de tourner vers notre petit village, un policier fait la circulation et les voitures fuient le village. Je m’en vais questionner le policier. Il m’indique qu’il y a un ordre d’évacuation et qu’il faut se rendre à Guayaquil. Et qui plus est il y a une alerte tsunami. Notre convoi de voyageurs reprend la route. Les gens sont un peu fous sur la route. On avait bien profité de notre soirée vu qu’on ne devait pas bouger le lendemain donc la fatigue s’est vite ressentie. Guayaquil est 140km. C’est trop ; beaucoup trop. En plus c’est toujours au bord de l’eau et il n’y a pas vraiment de lieu en hauteur. Qu’est-ce que c’est que ces consignes bidons. En plus la route est côtière. Ils ne sont vraiment pas très organisés pour ce genre de situation on dirait. Autant au Chili et au Pérou il y avait des panneaux partout sur les routes à suivre en cas d’évacuation mais là, rien ! Bref au bout de 80km on s’est arrêté re-re-faire un point. Rafaël a demandé à un policier davantage d’information. Celui-ci nous indique qu’il n’y a pas d’alerte tsunami officielle et qu’on peut s’arrêter en face pour y passer la nuit si on veut, sur une aire de repos. Ouf ! Pas besoin de conduire jusqu’à Guayaquil et re-ouf pas de vraie alerte tsunami. Nous voici un peu rassurés. Vers 6h on s’endort.

Réveil vers 9h avec une chaleur insupportable. Il fait déjà plus de 30°. Impossible de rester dedans.

Les colombiens, eux sont déjà debout depuis un bon moment car ils ont deux jumelles de 2ans ½. 1H plus tard c’est au tour des argentins de se lever, à cause de la chaleur également. On reste là, assis, ç l’ombre, complètement amorphes et ahuris par ce qui vient de se passer, par cette nuit qui nous paraît en dehors du temps et de la réalité. Rafaël nous dit qu’il y a plus de 58 répliques, dont une de 6,3 sur l’échelle de Richter. Appartement pas de dégâts, ni de tsunami. Mais les secousses auraient été senties jusqu’à Guayaquil à ce qui se dit. Et finalement ono apprendra plus tard que même le lendemain il y avait des répliques. Plus petites bien entendu mais Pierre pense en effet en avoir ressenti dans la journée.

Finalement, vers 12H on quitte notre état létargique pour avancer, en convoi, vers Montanita.

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