L’interview des 1 an

Explique-nous ton meilleur fou rire :

Elle : Nous étions en Argentine et les Teissuenos aussi. C’était un vendredi soir froid et venteux (courant en Patagonie il faut dire). Nous avions passé un bon moment à trouver un spot avec vue mais à l’abri du vent et notre choix final s’est posé sur l’entrée d’un concessionnaire de voitures.

Nous prenions l’apéro du dredi chez les voisins. C’était un apéro plutôt bien arrosé. Et nous sommes ensuite rentrés chez nous. Nous étions garé en file indienne ; nous devant et eux derrière. On se couche et on s’est assoupi quand soudain quelqu’un a tapé à la porte. Pierre est sorti en caleçon. Il s’agissait d’un policier. Il expliqua à Pierre que nous ne pouvions rester dormir là sans l’autorisation du propriétaire. Pierre bredouillait, il était à moitié endormi et avait quelques restes de l’apéro. Et il lui répondit, nonchalemment : No entiendo…. (je ne comprends pas). Il ne voulait pas partir d’ici car là nous étions abrité par le bâtiment et nul part en ville nous ne pouvions nous mettre à l’abri. Le policier finit par nous dire qu’il faut qu’on parte et qu’on doit prévenir les Teissuenos. Et nous lui avons dit non. On avait pas envie de les réveiller. On a dit au flic de le faire lui-même ! Ensuite on a observé la scène chez les voisins. Marco, avec son joli pyjama castors, n’a pas dit « no entiendo » mais a sorti 15 arguments pour que le policier nous autorise à rester là : nous sommes avec des enfants qui dorment, nous avons bu, il y beaucoup de vent ce qui fait bouger le camion, etc, etc.

Au final on a été obligé de tous partir et de nous garer dans un station-service YPF, en plein vent.

Alors peut-être que ça ne vous fait pas sourire mais qu’est-ce qu’on se moque de Pierre et de son « no entiendo » tout mou !!

 

Lui : Là comme ça je sais pu trop…en fait on rit beaucoup, surtout quand les voisins sont là.

Mais je me rappelle de la fois où nous campions tous ensemble, au bord d’un lac, au Chili. Nous avions déjà passé une nuit et pour je ne sais quelle raison Charline et moi étions sorti du spot. Quand nous avons voulu rejoindre le camp des Teissuenos j’ai voulu prendre un trajet plus direct. Et Charline a commencé à me dire « va pas par-là !! » mais c’était déjà trop tard. Nous étions ensablé. Ornicar patinait, patinait mais n’avançait pas d’un pétu !

On sort donc la pelle pour retirer un peu de sable, puis Marco nous prête ses plaques de désensablement de plastique mais rien n’y fait. Ornicar a décidé qu’il ne bougerait pas.

Évidement on se marre et l’heure est davantage à la plaisanterie et à la préparation déjeuner qu’à la panique. Une fois le repas engloutit il faut bien songer à sortir Ornicar de là. On sort donc les cordes et Marco nous tracte. Le clou du spectacle c’est qu’en temps normal il nous aurait tiré sur quelques mètres et puis basta ! Mais là le sol était pas top top, y’avait pas mal de sable et Marco aussi a failli s’ensabler donc il nous a promené derrière lui sur quasiment 100m. Qu’est-ce qu’on a pu rire ! On aurait dit un tour de cheval dans un manège.

 

Cite-nous 3 de tes meilleurs souvenirs :

Elle : 1/ nos 1 an de Pacs au glacier colgante

2/ la carretera australe avec JeanJean et Nicole (Chili)

3 / les plages équatoriennes avec Rafa, Diana et leurs jumelles, ainsi que Pablo et Anabel

 

Lui : 1/ Voir l’océan Pacifique

2/Arriver en conduisant Ornicar à Ushuaia

3/Boire une bière dans le hamac sous les cocotiers en observant le coucher de Soleil

 

Et le pire, c’était quoi ?

Elle : Les chiens…. je déteste tous ces chiens errants qui aboient et qui te poursuivent ou qui essaient de te grimper dessus. Le pire c’était en Bolivie. Depuis le parking de l’aéroport d’Oruro on les entendait tous aboyer à la mort la nuit. Même les locaux en ont peur et leur jettent des cailloux ou d’autres trucs. D’autant qu’en Bolivie il y a un gros foyer de rage… Ça m’a vraiment empêché de profiter pleinement de certaines sorties. Parfois je n’osais même pas sortir du camion pour traverser la rue et acheter du pain tant ils me faisaient peur tous ces chiens.

Lui : Quand, à Oruro, on a pris une petite route vraiment très étroite (merci le GPS) et qu’on s’est accroché à un stand d’une vendeuse sur le bas côté. On est sorti du camion et là c’était le drame. On a arraché le panneau solaire, qui dans sa course, a lui-même arraché le rafraîchisseur d’air et qui a cassé un bout du lanterneau de la pièce principale. Je craignais que le panneau solaire soit cassé, et que, par conséquent, il en soit fini du wild camping jusqu’à la fin du voyage car nous ne serions plus autonome. De plus, je ne savais pas vraiment comment faire pour réparer le reste. Et comme un malheur n’arrive pas seul ce soir-là il a fallut qu’il pleuve. Heureusement Marco m’a aidé à installer sa bâche sur notre toit pour que l’eau ne s’infiltre pas (le rafraîchisseur d’air donne direct sur le lit). Et le jour suivant je suis allé en ville pour acheter tout le matériel nécessaire aux diverses réparation ; fibre de verre pour reconstituer le rafraîchisseur d’air et le bout de lanterneau, divers petits embouts plastiques permettant de faire circuler l’eau dans ce dernier, du sika pour refaire l’étanchéité du rafraîchisseur d’air et recoller le panneau solaire qui, par chance, s’était simplement décollé de ses supports, et de la brasure pour ressouder les fils électriques qui s’étaient arrachés.

J’ai bien cru, dans cette ruelle, que pour nous le voyage se terminait là.

Tu nous ferais un top 5 des plus beaux sites visités ?

Elle : 1/ le Perito Moreno et j’espère vraiment pouvoir y retourner un jour

2/ le Machu Picchu et la vallée sacrée : rien que de penser à ce joyau d’histoire j’en suis encore émue.

3/ le salar Uyuni : ce désert de sel si vaste, si blanc….

4/ le Pentanal et ses crocodiles. Bon, il est clair que je n’y serai pas resté davantage vu la quantité de moustiques mais c’était vraiment incroyable ces marais, ces ponts, cette végétation et ces animaux hors du commun

5/ la région de Valdes et tous ces animaux marins. Quelle chance de pouvoir observer les baleines et leurs petits et de pouvoir approcher des lions de mer et des éléphants de mer (même si ils sentent vraiment mauvais!!)

 

Lui : 1/ Le salar d’Uyunie (Bolivie)

2/ les cascades d’Iguazu (Argentine)

3/ le Périto Moreno, (Argentine)

4/la carretera australe et ses lacs (Chili)

5/ la côte Atlantique argentine avec Valdes et les animaux marins et la pinguinera

Qu’est-ce qui t’a le plus manqué ?

Elle : Pfiou…dur-dur ! Je pense que le pire pour moi a été de ne pas avoir été là pour les 40 ans de ma sœur et les 60 ans de ma maman.

Après, de façon plus matérielle je dirai du bon pain et au début du voyage de la bonne confiture. Depuis le Chili on ne trouve plus de jus d’oranges, que des trucs plein d’eau et de sucre, mais heureusement on arrive à manger des bons fruits et à se faire quelques jus de lulo.

Ah oui j’oubliais un truc indispensable : la clim’ bon sang ! Il nous manque la clim ! Le rafraîchisseur d’air ce n’est pas suffisant. C’est un point important que nous ne négligerons pas sur le prochain véhicule de vacances !

Lui : Du saucisson !!! Et ne pas pouvoir faire de sandwichs avec de la bonne charcuterie !

 

As-tu des regrets ? Si oui, lesquels ?

Elle : Mon papa était intéressé pour nous rejoindre au Pérou. Malheureusement les dates ne concordaient pas. Mais je me souviens avoir visité toute la vallée sacrée en me répétant « quel dommage ». Il aurait adoré ces lieux et j’aurais adoré partager cela avec lui.

Sinon, touristiquement parlant j’ai assez peu de regret. Je trouve juste dommage qu’on n’ait pas pu faire les capillas de marmol au Chili, à cause de la pluie, mais bon, c’est pas non plus très grave. Le plus embêtant c’était les volcans chiliens. On n’a pas vraiment pu en profiter car il y avait quasiment tout le temps une couche nuageuse sur leur sommet.

Avec le recul je me dis qu’on aurait peut-être dû partir aux Galapagos. On a eu le retour des Teissuenos et ils ont trouvé cela vraiment génial. Mais c’était quand même un budget. Il fallait compter au moins 4000€ pour 10 jours entre les avions, les excursions, le gardiennage du camion, l’hébergement, toussa toussa….

Lui : Je regrette un peu de ne pas être allé en Amazonie. Mais aussi de ne pas avoir pu faire une boucle incluant Brésil et Vénézuela. Quant au véhicule j’aurai aimé qu’il soit un peu plus « baroudeur » pour pouvoir aller dans des zones un peu retirées, moins accessibles.

 

Quelques commentaires à faire sur la gastronomie de l’autre côté de l’océan ?

Elle : Que dire, que dire ? Bon clairement, ils sont nuls nuls nuls en terme de boulangerie. Nous avons parfois mangé du pain passable mais jamais un pain comme chez nous. La texture, le goût, la croûte…rien n’y est ! En Colombie par exemple leur pain est au fromage…trop dégueu ! et je vous parle même pas du pain au beurre. Il est jaune et ce goût de beurre passé…trop beurk !

On a mangé beaucoup de fruits tropicaux ; ananas, mangues, pitayas, maracuyas, grenades (bof). Et on a goûté pas mal de spécialités : le chincharon, le cuye, la trucha, le pastel de choclo, l’encebollado, les empenadas, les papas rellenas, céviches, etc etc.

Et on aussi bu du vin excellent en Argentine et au Chili et un peu de vin rouge sucré au Pérou. Nous avons également testé pas mal d’alcools locaux : l’aguardiente, la cachaça, le ron, le pisco, le vernet…

On apprécie de pouvoir s’arrêter le midi pour manger un almuerzo. On ne peut pas dire que ce soit très varié mais c’est pas cher, complet et généralement bien cuisiné. C’est un menu qui coûte au maximum 4€ avec une soupe, un plat de viande accompagné de riz et d’autres légumes (Yuca en Argentine et en Bolivie, fayots rouges et bananes en Colombie, patacones en Equateur, …) et une boisson (aquapanela, limonada (jus citronné), jugos naturales (jus de fruits naturels : tomate arbol, guyaba, maracuya, ananas, etc.)

Quasiment tous les soirs nous nous sommes cuisinés des bouillons avec de la viande (poulet ou bœuf) ou des veloutés : courgette-curry, courgette-menthe, carottes-cumin, tomates, etc.

Et puis le long de la carretera australe on a mangé beaucoup de saumon (5€/kg). D’la bombe ! En Equateur nous avons également bien profité des poissons et des crevettes. Dans chaque village nous achetions le poisson directement aux pêcheurs.

En Argentine le bœuf était à tomber par terre ! Par contre en Bolivie, si t’aimes pas le poulet t’es mal barré car il n’y a que ça comme viande.

En bref j’ai découvert une addiction au maïs blanc, à la maracuya, à la pitaya et au bœuf argentin !

 

Lui : Eh bien il y a des trucs supers bons, comme les fruits exotiques, qui, d’ailleurs, ne coûtent pas trop chers. Le midi tu peux manger des menus pour 2,50€ avec une soupe en entrée (ça surprend les 1eres fois mais c’est génial, et délicieux) et des plats typiques et tu ressors t’as plus faim.

Ici tu peux découvrir plusieurs sortes d’avocats trop bons : des gros, des petits, des verts, des noirs etc…

Ah oui et que dire des bananes ? Il en existe bien plus qu’on ne le pense ; des petites, des énormes, des grandes vertes, des petites rouges, des très sucrées.

Ici, dans presque tous les plats il y a de la coriandre. On a découvert qu’on adorait et ça et on en a même cultivé dans le camion;)

Le bœuf en Argentine c’est une tuerie ! Par contre, en Bolivie et au P&rou ils ne connaissent rien d’autre que le poulet.

Et, de manière globale, le jambon le plus haut de gamme est bien moins bon que le plus bas de gamme en France.

Et que dire des boissons ? Ils sont tellement surpris quand on demande de l’eau qu’on en demande plus et pas mal de pays privilégient les boissons gazeuses très très sucrées.

Y a des magasins que pour les desserts.

 

Si tu devais résumer le voyage en quelques mots ?

Elle : partage, rencontres, folle aventure, trouille, nouveau jardin quotidien, découverte, nature, paysages, rando, route de ouf, rangement, linge à la main, espagnol

Lui : kilomètres, frontières, poulet, argentins, boliviens, reggaeton, toyota hilux, almuerzos, recherche de wifi, what’s app, vidage quotidien de la boite à caca, pesos, vino tinton, ripio, recherche de spots, et pingouins

 

Et pour un prochain voyage, l’inutile, l’indispensable ?

Elle : Alors clairement l’inutile c’est notre bateau gonflable 🙂 et pour l’indispensable je dirai un véhicule 4×4. Quelle frustration de ne pas pouvoir rouler sur le sable ou de rester bloqués dans la boue ! Plus jamais !! Ah ah ah

Lui : Inutile ? Facile le bateau gonflable et les paires de chaussures de Charline mdr. Prendre 8 pantalons, ça ne sert à rien !

Dans l’indispensable il y aurait une clim, une visseuse, des pneus 4×4, une chérie qui conduit plus et la petite enceinte Bose. Dans ce véhicule nos enceintes grésillent, c’est casse-pied donc dans le prochain véhicule je veux du matos qui fonctionne bien !

4 réflexions sur “L’interview des 1 an

  1. l’interview des 1 an état excellent ! Bravo aussi pour la façon dont vous avez surmonté tous les ennuis divers et variés ( panneau solaire arraché, puis réparé, ainsi que le réservoir d’au sur le toit etc..

    • Merci Bernard ! Et encore, ce n’est qu’un bref récapitulatif de notre aventure….On a tellement de souvenirs en tête qu’on en oublie !

    • Merci Pierre !Et c’est pas fini !! On approche du bout mais on vit encore plein de choses !
      En tout cas nous sommes ravis que les récits t’aient touché ! Ce n’est pas facile de narrer un an de vie quotidienne !

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