Qué mala la Panaméricana ! 02 Mai 2019 – COLOMBIE

Ce sera le coup de gueule du blog.

Cela fait déjà un petit bout de temps qu’on circule sur cette mythique route. Mais il est vrai qu’on ne s’en rend pas vraiment compte. Bref là nous sommes sur l’unique route asphaltée du moment. Eh bien, aujourd’hui, pour moins de 250km on a payé 5€ de péage pour l’équivalent d’une pitoyable départementale chez nous.

Cette route est extrêmement utilisée par les camions. Mais attention, pas du petit camion, non, non ! Du gros truck américain bien bien pesado (lourd) et bien bien bruyant. Figurez-vous qu’on a pas eu une seule zone pour doubler. Pas une seule. Et ce n’est que de la route en zigzag. Nous avons quitté la laguna Cocha à environ 2800m puis avons grimpé jusqu’à plus de 3200m. Ensuite c’était les montagnes russes ! On monte, on descend, on remonte puis on est redescendu bas, très bas, très très bas : 600m. On s’en est vite aperçu car la température est montée en flèche : 34,6° alors qu’en moyenne on tapait vers les 15 ! Il y a quelques jours on a dû ressortir la méga grosse couette d’hiver (achetée en Argentine) et, depuis, on fait chauffer l’eau pour la douche.

Bref, pour en revenir à cette fichue route, en plus de ne pas pouvoir doubler et de monter et descendre continuellement elle est pleine de gros trous voire même certains bouts tombent dans les ravins.

Il me vient soudain une idée : et si on rebaptisait cette route ? Nous, on a voté pour un nom qui lui convient bien en ce moment et sur cette portion que nous fréquentons depuis quelques jours : La Vénézuélienne ! Mais alors uniquement dans le sens Nord/Sud. On en rencontre pas mal c’est vrai, Et surtout aujourd’hui. Plusieurs groupes étaient même stoppés par les forces policières. On ne sait pas trop ce que les policiers leurs veulent. Ils marchent juste en groupe vers la frontière ; dans l’attente d’un El Dorado.

La police est ultra-présente. On ne sait pas trop pour quoi faire car ils ne vérifient rien mais ils sont là, fusil d’assaut à la main et protégés dans leur guitoune en sacs de sable. On pourrait presque croire qu’il y a une guerre….

On fait les malins ce soir mais vers 17h on n’était pas si détendus. On avait quitté la panaméricaine pour un petit brin de tranquillité pour la nuit. Le GPS indiquait 18km pour arriver au spot. Au bout d’une dizaine, en pleine pampa, un gros barrage armé. On n’a pas fait attention si c’était des policiers ou l’armée. Mais 3 d’entre eux nous font signe d’avancer jusqu’à eux. L’un demande à entrer dans le camion, le 2nd demande nos papiers et le 3e (le chef ?) nous harcèle de questions. Je m’occupe de celui qui est dedans pour lui montrer chacun des placards ainsi que la salle de bain et donne nos passeports au 2nd. Pendant ce temps Pierre échange avec le 3e. Il nous demande ce qu’on fait sur cette route précisément, où est-ce qu’on se dirige, qui nous a demandé d’aller à cet endroit, notre nationalité, nos anciens jobs…bref un sacré interrogatoire. Il nous dit qu’on ne peut pas aller là où nous avions prévu de dormir et, qu’en tant qu’étranger on ne devrait pas quitter la Panaméricaine. Il est sympa lui mais on dort où alors ! La Panaméricaine est faite pour les camionneurs, pas pour les touristes ! Deux mois à dormir sur le bord de cette route, certainement pas ! M’enfin pour ce soir nous allons céder. Il a dit que sur la route, avant Popayan, il y aurait des villages avec des postes de police ou des places de village. On fait donc un retorno et on continue de rouler. La prochaine place de village est à 25km ça ne semble pas loin, mais la nuit tombe et les chauffeurs de camion sont encore plus fous qu’en plein jour et, qui plus est, sur certaines parties de la route il n’y a plus de bande blanche à droite et/ou plus de bande jaune centrale…très sympas ! Sans compter qu’ici les véhicules, et encore plus les camions, sont en mode Jackie tunning avec des feux de toutes les couleurs et de toutes parts et que même les camions citernes doublent dans les virages aveugles ! Apparemment ce serait un comportement normal puisque personne ne klaxonne et les gens d’en face se poussent.

Nous dormons donc ce soir sur la place du village de Las Rosas,un pueblito muy tranquilo, avec, pour bruit de fond, les camions sur la Panaméricaine…. Quelle douce nuit nous allons passer !

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